Un portrait de Montvalent

Un portrait de Montvalent

La Dordogne

 

Montvalent et les routes de pèlerinage à Rocamadour

panorama vallée der la Dordogne Lotoise

 Voir panorama sur gigapan.com

Jusqu'au début du XXè siècle, les voyageurs traversaient la rivière sur des bacs ou naus, au port de Creysse et à celui de Laveyssière, dit port de Montvalent, qui était situé au dessus de Gastepo, sous Pérical. Le bac de Creysse, auquel aboutit un itinéraire majeur du moyen age au XVIè siècle (chemin royal, dit des pèlerins) et le bac de Montvalent a dû appartenir, sans nul doute, d’abord au vicaire de Brassac Alvignac, puis après 1178, aux vicomtes de Turenne.

Le lieu-dit l'Hospitalet, un lieu d'accueil des pèlerins, a été fondé en 1095 par dame Hélène de Castelnau.

Rocamadour, qui n’était au milieu du XIIè siècle qu’un modeste pèlerinage consacré à la Vierge, et mollement entretenu par les moines de Marcillac, devient brusquement, à la suite de la prise en main par l’abbaye de Tulle patronnée par Turenne, un pèlerinage de grande importance. En 1166 les reliques de Saint Amadour auraient été découvertes : un corps parfaitement conservé se trouvait enfoui au cœur du sanctuaire marial, devant l'entrée de la chapelle miraculeuse.

La découverte du corps d’Amadour, les miracles qui s’ensuivent immédiatement et la visite d’Henri II Plantagenêt venu se mettre sous la protection de la Vierge en pleine lutte féodale... Tout cela lance la vogue de Rocamadour qui rejoint Saint-Jacques-de-Compostelle en plein essor depuis 1140 et Notre Dame du Puy, plus vénérable encore. Le chapitre de Rocamadour est déjà assez riche en 1183 pour susciter la convoitise d’Henri au Court Mantel, qui vient le dévaliser avant de mourir à Martel.

Le corps de Saint Amadour fut sorti de terre puis exposé aux pèlerins (qui affluaient déjà en masse depuis près de cinq siècles). Le corps fut brûlé durant les Guerres de Religion et il ne subsiste aujourd'hui que des fragments d'os, bientôt réexposés dans la crypte St Amadour.

Les bacs

A leur apogée, les bacs de la Dordogne étaient très importants. Le bac entre Creysse et Montvalent était d’un bon profit, surtout lors des afflux de pèlerins, et le vicomte en céda des parts à des moines ou à des créanciers. Certains passages nécessitèrent une véritable organisation. En 1324 et 1335, le sénéchal du Quercy écrit aux maîtres de la batellerie de Creysse et de Montvalent, pour leur ordonner de mettre tous les bateaux disponibles à la disposition de Charles le Bel et de Marie de Luxembourg, puis à la disposition de Philippe de Valois et du Prince Jean, duc de Normandie.

Sous l'ancien régime les deux ports de Creysse appartenaient au vicomte de Turenne et ils étaient gérés par le seigneur de Creysse. Il doit fournir les bateaux nécessaires aux services des ports. Après la Revolution, en 1799, on peut considérer que les bacs sont nationalisés.

En 1824, les contributions indirectes décident que les bacs seront désormais adjugés aux enchères publiques. Les Ponts et Chaussées, de leur côté, se chargent de contrôler l'état des abords et celui des bateaux. En 1824, le 14 mai, une délibération du conseil municipal de Creysse fait état du manque d'adjudicataire pour le bac du Port de Creysse et, pour cette raison, le préfet parle de la suppression définitive du bac sur la Dordogne. Les choses durent s'arranger, car en 1887, le 30 janvier, soit 63 années plus tard, il fut question de construire une maisonnette pour le batelier.

Deux autres délibérations du conseil municipal de Creysse, la première de 1878, indiquèrent que l'abordage du bac de Montvalent est impraticable et qu'il est quand même situé non loin de la gare de Montvalent et donc d'une importance considérable depuis l'ouverture de la ligne Brive – Capdenac en 1862. Pour la deuxième délibération, datée de 1887 et concernant toujours le bac de Montvalent, le conseil émit le vœu, que l'administration des Ponts et Chaussées devait faire le nécessaire pour rétablir la circulation, interceptée depuis longtemps au bac de Montvalent.

Vers 1845, à cause de l'augmentation du trafic, on commença à installer des trailles avec câble acier aérien relié au bac, pour aider à la traverse et éviter les dérives éventuelles. Les bateaux sont, comme les gabares, construits à Spontour ou Argentat et descendus par grandes eaux. Mais pour faire accoster les bacs, il fallait faire d'importants travaux sur chaque rive de la rivière. Il fallait en toute logique assurer une profondeur minimale de l'eau aux endroits déterminés. Il était alors nécessaire de construire des cales d'abordage souvent protégées par une digue, ou bien alors, sur une des rives, on creusait dans le lit de la rivière un bassin, qui pouvait avoir 40 mètres sur 20.

Les constructions des ponts de Gluges (1845), Meyronne (1847) portèrent déjà à cette époque un mauvais coup aux bacs qui, petit à petit, virent leur clientèle décliner.

 

Voir : BOURDIER Robert, Creysse : Notre rivière au fil de l'eau : La Dordogne, mars 2005.


 

English

Découvrir Montvalent

Témoignages du passé

Une histoire

La Dordogne

Le causse

Dolmens

Nos ancêtres

La guerre de cent ans

Situation

Villages du Haut Quercy