Un portrait de Montvalent

Un portrait de Montvalent

Dolmens du Quercy

Dolmen de Magès, Rocamadour

Les causses de Quercy sont parsemés de dolmens, quelques uns bien préservés, les autres moins bien. L'extrait du texte ci-dessous, écris par Jean Clottes en 1963, est retentissant.

Dolmen de Mons 2, Assier

Certains parmi eux, bien préservés, sont classés monuments historiques et sont facilement accessibles au public. Par exemple, le dolmen de la Pierre-Levée à Barrières (à Miers, commune limitrophe de Montvalent) se situe à côté d'un chemin et il est indiqué par un petit panneau jaune.

Dolmen de la Pierre Levée, Miers

Le Musée de la Raymondie à Martel est en train de créer une exposition sur les dolmens de la vallée de la Dordogne en Lot pour les Journées archéolgiques du juin 2016 et pour tout l'été au musée.

Voir aussi : www.amismuseeraymondie.org/projets.


Dolmens - galeries de photos

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Carte des dolmens du Quercy

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Dolmens du Lot



Destruction des megalithes (Jean Clottes, 1963)

Destructions partielles de dolmens

Si les réutilisations que nous venons de voir sont parfois anodines et même amusantes, elles ont trop souvent, hélas! des effets destructeurs.

En effet sur 187 dolmens recensés à ce jour dans le département du Lot, il manquait soit la table soit l'un des montants latéraux (avec pour conséquence l'effondrement de la chambre) à 105 d'entre eux, c'est-à-dire que plus de 56 % de dolmens avaient perdu l'un de leurs éléments essentiels. En outre pratiquement tous les dolmens non protégés par un tumulus n’avaient plus de dalle de chevet.

Cet état déplorable de plus de la moitié des dolmens du Lot est dû la plupart du temps aux « fouilles » qu'ils ont subies. Cela n'est pas neuf : Delpon pour expliquer les destructions qu'il avait constatées écri vait en 1831 : « On voit par un passage du Cassiodore qu'une des attributions des Sayons des Goths était de faire ouvrir les tombeaux où l'on soupçonnait des trésors, et de faire respecter en même temps les cendres des morts. Il est donc à présumer que les Wisigoths, lorsqu’ils furent maîtres du Quercy, firent faire des recherches sous les tombeaux druidiques de cette contrée ».

Delpon lui-même « fouilla » 52 dolmens. Garrigou et Duportal en avaient « visité » une centaine en 1869 et Castagne déclarait : « Nous avons fait ouvrir plus de 50 dolmens sur tous les points du département ». Cette expression « fait ouvrir » est significative : les dolmens du Lot étaient (et sont) le plus souvent enfouis au centre d'un tumulus plus ou moins important et seule la table affleurait à la surface de ce tumulus, les dalles latérales et la dalle de chevet étant cachées. Par conséquent, pour pouvoir atteindre commodément la chambre il était nécessaire d’ôter la table qui scellait le dolmen et il était beaucoup plus commode de la scinder et d'enlever les morceaux que de la déplacer tout d'une pièce.

Ce genre de destruction se pratique toujours, ainsi qu’il nous a été donné de le constater pour les dolmens du Lac de la Peyre (commune de Grèzes, Figeac : presqu’entièrement détruit, seule est en place la dalle gauche : 3,90 m x 0,30 m d’épaisseur x 1,25 m de haut) ou du Suquet III (commune d’Espagnac, Figeac : la chambre mesure 2 m x 0,80 m de large et 0,50 m de haut) qui ont été violés et dégradés à une époque relativement récente.

Très souvent les dolmens, repères naturels, ont servi de support aux innombrables murettes qui sillonnent les Causses et ils marquent fréquemment des croisées de chemins. Mais, lorsque la murette s'écroule, le dolmen est voué à la destruction, car il est très tentant pour les paysans de prendre table ou montant pour réparer le désastre. C'est ce qui est arrivé au dolmen de Vichelles I (commune de Livernon), dont la table devait mesurer aux alentours de 6 m de long) et à celui de Trégodinasse (commune de Gréalou) qui devait être très beau à en juger d'après les dimensions du tumulus, : 16 m de diamètre X 1,10 m de haut.

On constate aussi certains cas assez curieux de destructions partielles et de « camouflages » de dolmens lorsque des « cazelles » (ces grandes cabanes de bergers en pierres sèches magnifiquement assemblées) ont été bâties au-dessus du dolmen dont les dalles ont servi soit de linteau, soit de dessous de cheminée. Le dolmen de la Cabane des Ossements (commune de Rocamadour), au nom évocateur, fouillé et publié par l'abbé Lémozi avait été entièrement recouvert et protégé par une cazelle. Celui du Mas de Comte (commune de Saint-Chels) fut moins fortuné, car il n’en subsiste plus que trois dalles éparses, de 2 à 3 m de long sur 1,50 m de large et 0,30 m d'épaisseur dont deux étayent une partie de la muraille, l'autre gisant à plat sur le sol.

Il faut enfin signaler le cas unique d'un dolmen d'Issendolus dont la table a été enlevée il y a une quinzaine d'années environ et retaillée pour servir de stèle commemorative (cf. Photo 3). Elle est actuellement plantée au bord de la route nationale numéro 681 au lieu-dit Bouyé (commune de Gramat) et porte une plaque gravée commémorant la rafle des otages de Gramat lors de l'occupation allemande pendant la dernière guerre...

Destructions totales de megalithes

Comment s’étonner, dès lors, que les dolmens du Lot, comme ceux de bien d'autres régions, disparaissent rapidement et qu'il soit difficile d'en faire un inventaire exact.

En 1831 Delpon estimait que leur nombre était supérieur à 500. En 1863 et 1864 A. Bertrand, se basant certainement sur les renseignements de Delpon, citait, pour le Lot le chiffre de 500 dolmens mais la liste des dolmens et allées couvertes de la Gaule, de 1878, n'en comptait plus que 287. Quant au Bulletin de la Société Anthropologique de Paris il en donnait 284 en 1880 (chiffre fourni par Castagne). En 1889, Castagne lui-même corrigeait ce chiffre et disait avoir répertorié 350 dolmens mais pensait que leur nombre dans le Lot était encore supérieur et devait se situer entre 500 et 600.

Mais c‘est l'inventaire de 1880 qui sera presque toujours cité : en 1901 de Mortillet attribue 285 dolmens au département du Lot, de même que Déchelette en 1908; F. Niel en 1958 et Glyn Daniel en 1960 reprennent les chiffres de Déchelette.

Notons l'exception de A. Niederlender qui, en 1956 estimait le nombre de dolmens lotois à 400 environ. Il doit en réalité y en avoir actuellement davantage encore, mais nous ne pourrons jamais savoir, même approximativement, quel fut leur nombre total. Le chiffre de Delpon, que l'on a souvent estimé exagéré (cf. G. Daniel : « The wildly inflated figures for… the Lot », était probablement exact au début du XIXe siècle, s'il ne l'est plus aujourd'hui.

En effet si les destructions de dolmens ont dû avoir lieu à toutes les époques, elles ont été particulièrement fréquentes depuis un siècle.

L'inventaire de 1880 indiquait le nombre de dolmens par communes et les chiffres donnés correspondent rarement à la réalité actuelle. Il n'y a plus que 13 dolmens sur la commune de Livernon au lieu de 17 et 3 sur la commune de Durban au lieu de 11. Parfois les toponymes demeurent et permettent d'apprendre dans quelles circonstances tel ou tel dolmen fut détruit. Le dolmen de Pierre Levée (commune de Saint-Chels) se trouvait sur le tracé de ce qui est maintenant la route départementale numéro 82 et on le fit sauter à la dynamite lors de la construction de la route. Du dolmen de la Pierre Levée du Cayre (commune de Gréalou) il subsiste encore une dalle latérale au bord de la route qui a coupé le tumulus en deux. Quant au dolmen de la Pierre Levée d’Assier qui était particulièrement beau d’après les personnes âgées qui l'ont vu avant sa destruction il y a une quarantaine d'années, il a été anéanti par la construction d'un nouveau quartier d'Assier auquel il a d'ailleurs laissé son nom.

Parfois aussi la seule cupidité a fait détruire dolmens et menhirs. Viré cite le cas du magnifique dolmen d’Autoire qui mesure près de 2 m de haut et qu’un paysan fit sauter à la dynamite pour « trouver le trésor »; et, en 1834, Chaudruc de Crazannes celui du deuxième menhir de Bélinac (commune de Livernon) qui fut abattu pour le même motif au XVIIIe siècle ainsi d'ailleurs que le menhir de Villeneuve (commune de Saint-Pantaléon) qui disparut vers le milieu du XIXe siècle.

Souvent les pierres de dolmens, toutes taillées, ont tenté les paysans qui s'en sont servi pour de multiples usages. A la Jalie (commune de Saint-Sulpice) les dalles d'un beau dolmen ont servi à la confection d'un escalier, il y a 70 ans environ : de nos jours seul subsiste le tumulus. Dans la même commune, au Mas de Breil (Saint-Géry) un entrepreneur a enlevé les pierres d'un dolmen pour refaire une murette écroulée : il ne reste plus qu'un fragment de dalle et le tumulus. A Gréalou, au lieu-dit Mas Mondieu (ou Pech Laglaire), on peut voir un très beau dolmen simple tout près de la route départementale numéro 82. Ce mégalithe dont la chambre mesure 3,20 m x 0,80 m x 0,95 m de haut a failli être entièrement détruit il y a une vingtaine d’années par un entre preneur qui avait déjà cassé la moitié de la table à coups de masse lorsqu’un paysan, habitant du Causse voisin, le força à s'arrêter, lui disant qu'il ne voulait pas que soit anéanti ce dolmen « qu'il avait toujours vu là et son père avant lui ». En 1869 déjà, Garrigou et Duportal dénonçaient le vandalisme des « marchands de pierre » : « Les marchands de pierre du pays les démolissent pour avoir la pierre à bon marché et la vendre cher ».

Chaque année, dans le Lot, des dolmens se dégradent, se modifient et disparaissent. Ces mutilations et destructions sont beaucoup plus souvent causées par l'ignorance que par le pur vandalisme, car le paysan du Causse est essentiellement conservateur et aime son terroir et son histoire. Mais combien de fois n’avons-nous pas entendu parler de « table de sacrifice » ou de « pièces d'or que les Druides auraient mises dans les dolmens »!... La perspective de trouver un trésor est évidemment fort tentante, surtout dans ces régions pauvres. Cependant, depuis peu, les dégâts les plus graves sont causés par l'engouement du grand public pour la préhistoire, engouement qu'exploite la propagande touristique. Chaque été des vacanciers armés de pelles et de pioches s'abattent sur nos dolmens et, dans l'espoir de quelque découverte sensationnelle, vi dent le peu de remplissage, la plupart du temps stérile d'ailleurs, restant dans les chambres funéraires. Il est évidemment impossible de les prendre sur le fait car ces « fouilles » ne leur demandent que quelques heures. Comme ils ne remblaient jamais les chambres, les montants latéraux qui ne sont plus étayés par le remplissage, finissent par s’écrouler et le dolmen est détruit.

Tout cela montre le caractère relatif des recensements de mégalithes et en particulier de celui de 1880 qui est maintenant absolument périmé, d'une part parce que nombre de dolmens qu'il citait sans les décrire ou les localiser ont disparu, et d'autre part parce qu'il était très incomplet, ne couvrant pas toutes les communes du département.

Il doit encore rester entre 400 et 450 dolmens dans le Lot; ce chiffre, que le recensement en cours nous permettra de préciser dans un proche avenir,,est relativement important, puisqu'il place le Lot au deuxième rang des département français, immédiatement derrière l'Aveyron, ce qui ne saurait nous étonner étant donné sa position géographique. Toutefois il est loin d'être absolu car il est certainement bien inférieur à ce qu'il devait être lors des premières invasions hallstattiennes.

Notes

(1) Jean CLOTTES, Les dolmens du Lot : réutilisations et destructions à l'époque moderne. Bulletin de la Société
préhistorique de France. 1963, tome 60, N. 7-8. pp. 438-446, doi : 10.3406/bspf.1963.3929,
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1963_num_60_7_3929


 

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